Le Conseil éthiopien des médias (EMC), organe d’autorégulation chargé de promouvoir le respect des normes professionnelles et déontologiques dans le secteur, a enregistré ses premières plaintes formelles depuis sa création en 2019, à la faveur d’un programme de modernisation soutenu par la x.
Au total, 26 plaintes portant sur des contenus médiatiques ont été déposées, marquant un tournant pour cette institution qui n’avait reçu aucun dossier en plus de cinq ans, malgré la création en 2021 d’une Commission indépendante des plaintes contre la presse, selon l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).
Mené dans le cadre du programme « Support to Good Governance in Ethiopia » (S2GG), mis en œuvre par la GIZ pour le compte du gouvernement allemand, le projet visait à renforcer les capacités du Conseil et à rendre le mécanisme de plainte plus accessible, dans le cadre des réformes de la gouvernance et de l’État de droit en Éthiopie.
Un site internet repensé en sept langues
Parmi les principales mesures figurent la refonte complète du site internet de l’EMC, désormais disponible en sept langues, la numérisation et la simplification de la procédure de dépôt des plaintes, ainsi que la mise en place d’une ligne téléphonique gratuite destinée notamment aux personnes ayant un accès limité aux services numériques.
Le programme a également financé le recrutement d’un spécialiste de la communication et d’un greffier afin d’améliorer les relations avec le public, la gestion administrative des dossiers et la visibilité de l’institution. Des formations ont en outre été dispensées aux membres de la commission chargée d’examiner les plaintes.
Selon la GIZ, une campagne nationale de sensibilisation, comprenant des messages diffusés pendant plusieurs mois sur 32 radios communautaires, des spots télévisés et des actions sur les réseaux sociaux, a contribué à mieux faire connaître les missions du Conseil et les voies de recours offertes aux citoyens.
Un outil désormais utilisé par le public
Pour la GIZ, ces premiers dossiers traduisent une meilleure connaissance du mécanisme par le public et son utilisation croissante comme outil de redevabilité des médias. L’organisation estime que le projet a permis de transformer un dispositif jusque-là peu utilisé en un mécanisme opérationnel favorisant le traitement des préoccupations du public et le respect des règles déontologiques.
L’EMC représente plus d’une centaine d’organisations de médias, dont des éditeurs, des diffuseurs, des médias communautaires, des plateformes en ligne et des associations professionnelles.
L’autorégulation renforce la responsabilité des médias
L’Éthiopie a engagé plusieurs réformes du secteur des médias depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018, notamment avec l’adoption d’une nouvelle législation sur les médias et la création d’organes d’autorégulation.
Ces réformes se sont toutefois déroulées dans un contexte marqué par des conflits armés, des restrictions ponctuelles imposées aux médias et des préoccupations récurrentes d’organisations de défense de la liberté de la presse concernant les arrestations de journalistes, les suspensions de médias et les difficultés d’accès à l’information.
L’autorégulation est généralement présentée comme un mécanisme visant à renforcer la responsabilité des médias en traitant les questions déontologiques sans intervention directe de l’État, tout en offrant au public une voie de recours en cas de manquement journalistique.
- dpa German News Service











